Qui Tapent sur les Nerfs des Arbres fruitiers ? Les Scolytes d’ambrosia !

Agrotica > Espace Jeunesse  > Qui Tapent sur les Nerfs des Arbres fruitiers ? Les Scolytes d’ambrosia !

Qui Tapent sur les Nerfs des Arbres fruitiers ? Les Scolytes d’ambrosia !

Les arbres fruitiers nous fournissent une récolte abondante et sont une source de joie dans nos jardins. Cependant, un minuscule ravageur connu sous le nom de scolyte se cache dans l’écorce. Bien qu’il puisse être de petite taille (2-3 mm), le scolyte peut avoir des effets importants sur les arbres fruitiers, laissant les agriculteurs préoccupés par leur impact.

Comportement du scolyte

Le scolyte (Xylosandrus crassiusculus) appartient à un groupe de petits coléoptères de la famille des Curculionidae, attirés par le parfum des arbres et de leurs sèves. Il attaque les arbres et arbustes sains et endommagés ou affaiblis. Ces insectes ont une relation symbiotique unique avec un champignon connu sous le nom de champignon ambrosia. Lorsqu’une femelle scolyte trouve un arbre hôte approprié, elle s’enfouit dans l’écorce et creuse des tunnels appelés galeries. En tunnel, le scolyte introduit des spores du champignon ambrosia, qui poussent et servent de source de nourriture pour le coléoptère.

Impact sur les arbres fruitiers

Le scolyte d’ambrosia (Xylosandrus crassiusculus) tue les paysages et les arbres fruitiers. En outre, l’activité de tunnelisation des scolytes perturbe le système vasculaire de l’arbre, nuisant à l’absorption des nutriments et à l’écoulement de l’eau. Cela peut affaiblir la santé des arbres, rabougrir les arbres et diminuer la réaction immunitaire contre d’autres ravageurs et maladies. En raison de la santé endommagée, nous pouvons également dire que le creusement des tunnels influence la qualité et le rendement des fruits. En fait, cette activité peut créer des points d’entrée pour les agents pathogènes, entraînant la pourriture ou l’imperfection des fruits. De plus, les arbres stressés peuvent produire des fruits plus petits ou malformés de moindre qualité et cela affecte également le rendement. Enfin, les scolytes sont les individus parfaits pour porter et transmettre des maladies. Certaines de ces maladies, comme le dépérissement du fusarium ou le flétrissement du Laurier, peuvent être dévastatrices pour les arbres fruitiers, entraînant le déclin des arbres, voire la mort.

Stratégies de gestion

Le lutte contre les scolytes et la réduction de leurs menaces sur les arbres fruitiers nécessitent une approche globale :

La surveillance joue un rôle crucial dans la détection précoce. Surveiller régulièrement la santé des arbres, examiner attentivement les signes d’infestation tels que les points d’entrée et observer l’activité des scolytes peut aider à déceler la présence des scolytes dès les premiers stades. Cela permet une intervention rapide et empêche l’infestation de se propager. Le scolyte (Xylosandrus crassiusculus) peut être piégé à l’aide d’un piège-appât à l’alcool éthylique.

Les pratiques culturelles sont essentielles pour promouvoir la vigueur et la résilience des arbres. En mettant en œuvre des techniques d’irrigation appropriées, en fournissant une fertilisation appropriée et en effectuant une taille régulière, les agriculteurs peuvent améliorer la santé globale de l’arbre et fortifier ses défenses naturelles. Les arbres sains et robustes sont mieux équipés pour résister aux attaques de scolytes et sont moins sujets aux vulnérabilités liées au stress.

Dans les cas d’infestations graves, des applications ciblées d’insecticides tels que les pyréthroïdes peuvent être nécessaires pour lutter contre les adultes et devraient être appliquées avant la fermeture des galeries avec du frass:

Vantex :

  • Matière active : GAMMA CYHALOTHRINE 6 %,
  • Taux d’utilisation : 70 ml/200 L,

DECIS Expert :

  • Matière active : DELTAMÉTHRINE 10 %
  • Taux d’utilisation : 50 ml/200 L.

Cependant, il est crucial de faire preuve de prudence et de respecter les directives recommandées. Il faudrait examiner attentivement les répercussions potentielles sur les insectes utiles et l’environnement afin d’assurer des pratiques durables de lutte antiparasitaire.

Un exemple serait les champignons entomopathogènes (EPF) comme Beauveria bassiana, Metarhizium brunneum ou Isaria fumosorosea . Ces champignons ont été utilisés dans la lutte biologique, qui a surtout ciblé les insectes. Pour vaincre simultanément les scolytes (Xylosandrus crassiusculus) et ses symbiontes fongiques, les recherches actuelles ont combiné EPF avec des champignons mycoparasitaires tels que le Trichoderma spp.

 

Référence : Acquisition de spores et survie des scolytes associés au pathogène du flétrissement du Laurier chez les avocats après exposition à des champignons entomopathogènes – PMC (nih.gov)

Le minuscule scolyte peut passer inaperçu, mais son impact sur les arbres fruitiers ne doit pas être sous-estimé. En comprenant son comportement, ses effets sur la santé des arbres, la qualité des fruits et la transmission des maladies, les agriculteurs peuvent élaborer des stratégies de gestion efficaces pour minimiser les dommages causés par ces ravageurs. La vigilance, la détection précoce et une approche holistique de la lutte antiparasitaire sont essentielles pour protéger nos précieux arbres fruitiers contre les pontes des scolytes.

Rana Slim – Étudiante en Génie Agricole à l’Université Saint Joseph

 

Maryse Bou Zeid

mbouzeid@debbaneagri.com

il n'y a pas de commentaires

Poste un commentaire

Commentaire
Nom
E-mail
Site Internet